Compagnie MéMé BaNjO

présentation

Passionné par ce chef-d'oeuvre de Stravinsky qui associe marche, tango, valse et ragtime à sa savante « artillerie », j'ai voulu créer une fresque intemporelle et mouvementée.
Musique, théâtre et danse s'allient pour convoquer une réalité parallèle, un chahut existentiel propre à restituer l'étonnant parcours du soldat.
Un récitant, deux danseurs et une circassienne, habitent un dispositif scénographique traversé de paysages vidéo vertigineux, construisant un univers poétique que je souhaite à la fois fantastique et hypnotique.
Chaque personnage possède sa propre identité chorégraphique, une corporéité qui le dessine et le définit, dans une humanité à la fois touchante et intrigante.
Le diable joue d'une gestuelle aux teintes jazzy, et la princesse dévoile son étrangeté en mobilisant les techniques circassiennes du tissu aérien et du contorsionnisme.
Les interprètes élaborent leurs personnages dans le corps comme dans la voix, puisqu'ils partagent avec le récitant le texte du livret de Ramuz.
Une complémentarité fluctuante des corps dans leur rapport au texte à inventer.

LIONEL HOCHE

presse

Critiphotodanse

L'art de rendre Stravinsky accessible à tous

Notre histoire débute en 1986 : Lionel Hoche, issu de l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris, a rejoint depuis maintenant trois ans le Nederland Dans Theater. Jirí Kylían est en train de monter L'Histoire du soldat de Stravinsky-Ramuz dans une nouvelle version chorégraphique. Ce projet de théâtre musical le marquera profondément et il y pensera souvent durant sa carrière de danseur et de chorégraphe. Mais ce n'est que trente ans plus tard, après avoir acquis la compétence et la maturité nécessaires, qu'il se sentira d'attaque pour ré-aborder cette oeuvre, non en tant que danseur cette fois, mais comme chorégraphe. Ce mimodrame, composé par Stravinsky en 1917 sur un texte de Ramuz pour trois récitants - le Lecteur, le Soldat et le Diable - ainsi que sept instrumentistes et créé dans sa version théâtrale à Lausanne le 29 septembre 1918 dans des décors de René Auberjonois, avait bien sûr connu plusieurs adaptations chorégraphiques, la première étant celle d'Anya Holm en 1929. Quelques années plus tard, l'oeuvre sera reprise en Belgique dans une nouvelle chorégraphie sous la signature de Marguerite Akarova puis, en 1942, par John Cranko. A leur tour, Jérôme Robbins en 1965, Maurice Béjart en 1966, Jean Babilée, l'année suivante, Jean Guizerix en 1976 et, enfin, Jirí Kylían dix ans plus tard, vont à leur tour s'emparer de ce chef-d'oeuvre. La saga ne sera pas terminée pour autant car, à la suite de ce dernier, cinq autres versions verront le jour, en particulier celles de Michèle Anne de Mey et de Jean-Claude Gallotta. A noter également que L'Histoire du soldat a aussi inspiré le cinéma, entre autres le film du cinéaste italien Massimo Scaglione de 1978, le film d'animation de l'Américain R.O. Blechman de 1984, ce dans un style mêlant le dessin à l'art déco et, tout dernièrement, Les aventures de Histoire du soldat de Michel Van Zele, film qui date de 2018.

L'originalité de la version que nous présente Lionel Hoche aujourd'hui tient dans le fait que, depuis 1988, ce chorégraphe, directeur et fondateur de la compagnie MéMé BaNjo, incorpore à ses créations un travail scénographique lié à des recherches plastiques très personnelles, aux saveurs poétiques inattendues. Pour L'Histoire du soldat, Lionel Hoche, qui a respecté à la lettre le livret en prose et vers de Ramuz et la musique de Stravinsky, s'est acoquiné avec un jeune vidéaste de grand talent, Simon Frézel, qui a conçu, sous l'égide du chorégraphe-metteur en scène, des paysages animés qui confèrent à cette oeuvre ésotérique un aspect intemporel et une couleur céleste. Les personnages s'y promènent comme dans un jardin tout en s'y intégrant parfaitement, actualisant ce conte fantastique d'inspiration faustienne à l'issue duquel le diable gagnera malgré tout la partie.

Rappelons-en succinctement la trame. L'histoire est celle d'un humble soldat (Vincent Delétang, candide victime) qui rentre au pays avec pour tout bagage son violon. Son chemin croise celui du Malin (le truculent Emilio Urbina) qui lui fait miroiter la fortune en échange de son instrument. Le soldat finit par le lui vendre contre un livre qui permet de prédire l'avenir. De retour au village, il découvre alors que personne ne le reconnaît, ni sa mère, ni sa fiancée qui s'est mariée. En fait ce ne sont pas trois jours qu'il a passés avec le diable mais trois longues années... Le Soldat utilise alors son livre magique pour devenir fabuleusement riche. Incapable d'être heureux avec sa fortune, il joue aux cartes avec le Diable : son argent contre le violon. Le Diable gagne d'abord, mais enivré par ses gains, il se laisse voler le violon. Le Soldat peut alors « guérir » et ramener à la vie - et à l'amour - une Princesse malade (Anne-Claire Gonnard) promise par le Roi son père à qui la soulagerait. Malheureusement, cherchant toujours plus de bonheur, le couple quitte le royaume et désobéit au Diable. Or ce dernier finit toujours par gagner, et le soldat terminera sa vie en enfer.

Lionel Hoche, qui incarne lui-même le Récitant sous la forme d'un monsieur Loyal, a parfaitement respecté la trame de cette fresque dans ses moindres détails, tout en la transcrivant à notre époque : ainsi a-t-il placé au début de la pièce ses personnages dans une campagne verdoyante et accueillante mais parfois aussi inquiétante au bord d'une petite rivière, les conduisant peu à peu vers un petit village calme et tranquille (trop...), quasi-désert. L'ayant quitté, le soldat se retrouvera dans un univers rougeoyant d'usines nucléaires et d'industries crachant une fumée noire - clin d'oeil tant à notre monde pollué qu'à la « toxicité » du Malin - puis dans une petite auberge d'une région vinicole au sein de laquelle les protagonistes de l'oeuvre joueront aux cartes et s'enivreront. Tout cela bien sûr à mi-chemin entre théâtre et danse. Petite entorse à l'argument - mais on le lui pardonnera volontiers - Lionel Hoche a transformé la jeune princesse malade en une acrobate-funambule issue des cintres qui s'en laissera descendre dans une draperie pour s'unir avec le soldat devenu prince. Détournement théâtral coutumier à ce chorégraphe-metteur en scène qui a l'heur de valoriser dans ses spectacles toute une pléiade de disciplines artistiques, de la peinture - allusion ici à Marc Chagall - aux arts du cirque et à la vidéo. Ce qui a permis de rendre tout particulièrement lisible cet univers musical, poétique et fantasmagorique, et de lui conférer une accessibilité universelle, notamment et surtout aux enfants.


Jean-Marie GOURREAU, 15 01 2019








 

extraits/photos

distribution

 



chorégraphie, scénographie & costumes LIONEL HOCHE



musique IGOR STRAVINSKY livret CHARLES-FERDINAND RAMUZ
récitant LIONEL HOCHE
le soldat VINCENT DELETANG
le diable EMILIO URBINA
la princesse ANNE-CLAIRE GONNARD

vidéo SIMON FREZEL
régie vidéo AUGUSTE DIAZ
lumière & régie générale NICOLAS PROSPER
musique ORCHESTRE-ATELIER OSTINATO
chef d'orchestre OLIVIER DESJOURS

violon GABRIELE SLIZYTE
contrebasse ALICE BARBIER
trombone YVAN FERRE
basson VALENTIN NEUMANN
clarinette HELENE RICHARD
trompette ANTOINE LORY
percussions QUENTIN BROYART





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PARTENAIRES



Production: Compagnie MéMé BaNjO



Avec le soutien de la Région Ile-de-France, de la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France Ministère de la Culture et de la Communication, du Département de Seine-Saint-Denis, de la Ville de Villetaneuse, de la Spedidam et de l'Adami



Avec le soutien, pour leur accueil en résidence, du Centre des Arts, scène conventionnée à Enghien-les-Bains (95), de la Maison du Peuple à Pierrefitte-sur-Seine (93), de la Briqueterie - CDCN du Val de Marne (94), du Théâtre Brétigny scène conventionnée (91), de la Compagnie ACTA dans le cadre du dispositif Lieu de Fabrique à Villiers-le-Bel (95) et du Théâtre de Vanves, scène conventionnée (92).



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