Compagnie MéMé BaNjO

présentation

La genèse de l'oeuvre
Le déclencheur, reconnaît Lionel Hoche, c'est la curiosité. La partition à quatre mains revue par Faïsil Say l'a inspiré. Une démarche singulière qui lui inspire une version personnelle, pas vraiment brouillée par les précédentes moutures de ce ballet devenu un classique du répertoire. Et pour cause, il ne les a pas vues. Bien sûr, il connaissait le sujet de cette oeuvre maîtresse d'Igor Stravinsky, mais il avoue être "vierge" de toute influence.

Un regard
Les chorégraphes aiment se frotter à cette partition majeure qu'est Le sacre du printemps. Surtout quand on sait que cette oeuvre chorégraphiée par Nijinski au début du XXe fut certainement l'un des actes fondateurs de la danse contemporaine. Comment oublier la « bataille d'Hernani » qui s'ensuivit ? Comment oublier cette pièce sombre et mystique du chorégraphe de génie ? Sauf à s'y frotter personnellement comme tant d'autres l'ont fait après lui.
A la fois symbole et défi, chorégraphier Le sacre du printemps est un exercice périlleux en regard de la puissance évocatrice de la musique. Mais Lionel Hoche est un créateur futé et intelligent. Il s'empare de la version plus légère, écrite pour deux pianos, et compose une pièce grave et sans emphase. L'univers qu'elle décrit est un monde noir, imbibé de violences et de lumières. De grands lustres pendant au ras du sol, un plateau nimbé de vert, nous plongent dans une atmosphère crépusculaire. Couleurs froides, costumes asymétriques noirs et pailletés, sont autant de signes dérisoires du climat qui règne sur le plateau.
La danse est précise, acérée. La main se fait tranchante, déchirant l'air d'un geste sec, le bras se recourbe, s'étire pour atteindre un être imaginaire. Les corps s'entremêlent, se bousculent, se propulsent, s'entrechoquent, se relient, se délient, s'agglomèrent, composant des figures du désordre et de l'ordre, de la vie et de la mort.
Le vocabulaire est savant, sophistiqué. Il construit des espaces, des jeux de lignes et de courbes. Il travaille sur les tensions, les spirales, tout en prenant appui sur la partition. Ainsi danse et musique s'accordent subtilement. Comme dans le poème de Baudelaire, Correspondances, où « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».
Ce sacre nous convie à un rituel barbare du XXIe siècle, le chaos ordinaire de nos vies entrechoquées par les faits.

Gallia Valette-Pilenko

presse

Deborah Jowitt - The Village Voice

Deborah Jowitt - The Village Voice (New York) - 9 au 15 juillet 2003
Le corps parle
« Dans Le Sacre du Printemps, les cinq interprètes se ruent, leurs bras s'emmêlant autour de leurs corps, les pliant à l'intérieur. Les coudes sont cagneux, les torses fléchis, alors que les épaules sont spasmodiques, pendant qu'une hanche se hausse afin de repositionner une jambe tendue, les danseurs boitent et traînent des pieds. Etant des splendides interprètes, ils nous domptent en nous faisant croire qu'ils parlent ce langage chorégraphique couramment. Mais son essence est toujours instabilité, incommodité, une forme d'agressivité protectrice.
« Hoche a choisi la version pour deux pianos de cette grande partition de Stravinsky pour nous imaginer une fête aux enfers. [...] Céline Zordia- une danseuse superbement voluptueuse - est clairement désignée comme victime sacrificielle, mais Hoche oscille subtilement vers et en dehors du scénario de Stravinsky au point ou nous sommes presque pris de court quand Zordia tombe dans un éclat de lumière rouge pour ne plus se relever. Vêtus de costumes noirs, les danseurs se brutalisent autant qu'ils visent la victime, sa puissance et son innocence semblent les stimuler. De temps à autre ils se regroupent autour d'elle pour la flairer. Cette vision est peut-être moins celle d'un rite primal de fertilité que celle du violent passage à l'âge adulte d'une fille dans l'ambiance narcotique et bestiale d'une antre moite. »

Allison Tracy - The Berkshire Eagle

Allison Tracy - The Berkshire Eagle - le 28 juin 2003
Un travail de chorégraphe qui vaut le détour
Lionel Hoche est assurément un chorégraphe sérieux qui aime clairement son travail
« Si nous pouvions jouer avec le temps et regarder le Sacre du Printemps de Lionel Hoche en le juxtaposant aux versions des premiers Modernes (y compris celle de Nijinski pour le Ballet Russe de Diaghilev) sa gestuelle pourrait bien sembler aussi pataude que les premiers essais. Sa danse, très ancrée, et son utilisation délibérée du poids et de la gravité, la place qu'il accorde au rapport au sol, rappellent les recherches de ses aïeux les Modernes pour contrer la gestuelle apprêtée du ballet classique. Il s'agit presque d'une recherche préméditée du vilain, choisissant le recours à l'inélégance - enchaînant les marches aux genoux raidies ou boiteuse, par exemple, ou en "déformant" des membres, courbés en dedans plutôt que de les étirer pour défier l'espace... Hoche intègre parfaitement les principes de la mécanique, des pivots, des axes et de la charnière.
« Il s'agit d'une danse envoûtante, construite, presque soudée ou forgée sur les corps des danseurs. Les limitations que la danse a outrepassées à travers des siècles d'évolution technique sont réintégrées par Hoche comme des principes définitoires.
« Tout semble aller à l'encontre d'une possible accessibilité pour le public, même quand on cherche le nouveau, le mieux et le différent. Pourtant Hoche nous tient, nous fascine. Il croît en ce qu'il fait, et le respect avec lequel il travaille sa matière en est sans doute la cause. Ni le "moi" ni la prétention ne le motivent. [...] Et nous l'aimons car il porte une attention particulière au détail, à chaque détail, à l'écoute du corps, à sa vision du corps dans l'espace, au fonctionnement du corps dans l'espace délimité, à la lumière, avec et sans la couleur, à l'ornement, dans et en dehors de la musique. »

Anna Kisselgoff - The New York Times

Anna Kisselgoff - The New York Times - le 19 juin 2003
Puiser le meilleur du mouvement
« Lionel Hoche s'est démarqué d'autres chorégraphes français lors du festival France Moves, qui s'est tenu à New York en 2001. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, son travail démontrait une recherche tournée vers la composition formelle et le mouvement, plutôt que vers la théâtralité. Cette soif d'inventer d'autres langages chorégraphiques était toujours évidente dans son Sacre du Printemps. .. La pureté nonchalante dont a fait preuve sa troupe il y a deux ans cède la place ici à une turbulence charnelle [...].
« Hoche retient un soupçon du scénario de Stravinsky, mais identifie sa victime dès le début, plutôt qu'à la fin de l'oeuvre. Il s'agit d??une version en costumes modernes qui ne comprend que cinq danseurs et qui rappelle Huis Clos de Sartre dans cette manière intimiste d'analyser les rapports qu'ont les personnes envers elles-mêmes et envers les autres.
« Le mouvement d'un danseur déclenche celui d'un autre, utilisant la plupart du temps un transfert d'énergie par le(ur) contact : une théorie du mouvement "domino". Céline Zordia, les jambes nues et isolée depuis l'ouverture, développe son admirable résistance afin de participer à plusieurs jeux initiatiques. Nous y rencontrons des images d'enlèvement, des furetages bestiaux, des corps s'effondrant ou se culbutant, accompagnés de gestes tranchants. »

Maura Nguyen Donohue - The Dance Insider

Maura Nguyen Donohue - The Dance Insider (USA) - Flash Review - juillet 2003
Le printemps industriel de Lionel Hoche
« Le Sacre du Printemps de Lionel Hoche égalise la partition débaucheuse de Stravinsky avec une énergie féroce. Le fil narratif bien connu de cette oeuvre notoire aurait pu faire obstacle à un chorégraphe moins rigoureux, mais Lionel Hoche l'aborde en parfait allié. Céline Zordia, la victime, se promène au travers une forêt de lampes industrielles fluorescentes avant d'être rejoint par Marielle Girard et Loren Palmer lors d'une danse qui ressemble à un bizutage très agressif dans une école de filles. Emmanuel Le Floch et Cédric Lequileuc suintent la débauche dans une approche rapace envers les danseuses, qui participent activement au sacrifice d'une des leurs. Hoche réussit à créer des images primales de l'homme et de la femme, du prédateur et de la proie, dans de mouvements de groupe frénétiques et violents.
« Les costumes, des variantes sur le noir scintillant et le rouge, ainsi que les lanternes imaginées par Philippe Favier, nous plongent dans une sorte de club-entrepôt glauque, cet ancien rituel se déroulant un samedi soir dernier. La danse appelle une réponse tellement extraordinaire et viscérale à ses crescendos infatigables de mouvement brutal que l'on se sent aussi essoufflé et vidé de toute énergie que la victime s'écroulant quand les lumières disjonctent avec le noir final. »

S.E. Arnold - Critical Dance.com

S.E. Arnold - Critical Dance.com (USA) - juin 2003
« La sonorité "noir et blanc" de la partition pour deux pianos du Sacre du Printemps de Stravinsky appuyait l'ambiance sobre déployée à la scène par la lumière, comme dans une cathédrale. La singularité des sept luminaires-néons suspendus, pendus de manière asymétrique à peine au-dessus du niveau du sol par des câbles qui se perdait dans les poutres, magnifiait l'espace scénique. »

Claudie Léger - La Tribune Le progrès

Claudie Léger - La Tribune Le progrès - novembre 2002
« ...Lionel Hoche demande à ses danseurs un fort investissement physique et une exploration de leurs abysses intérieures. Brûlant du feu des attractions souterraines, se heurtant ou se pliant aux pulsions viscérales, MéMé BaNjO traduit les méandres de la psyché par un travail corporel énergique basé sur la dynamique de groupe et ses rapports intrinsèques. L'électricité est dans l'air, jusqu'au paroxysme... »

Jacky Pailley - Danser

Jacky Pailley - Danser - janvier 2003
« Pour sa lecture du Sacre de Printemps, Lionel Hoche a choisi la réduction pour deux pianos. Il aborde ce classique de façon intimiste : cinq danseurs, trois filles et deux garçons. Ce compte bancal, cette inégalité vont régir les rapports entre les personnages, créer des dynamiques de groupe, exacerber les rapports de force et isoler une des filles. Elue ? Victime ? Elle sera au centre des tensions. La chorégraphie de Lionel Hoche se construit à partir de ces rapports de séduction, de ces relations conflictuelles, de ces attirances-répulsions inhérentes au groupe, à la manière d'un rite initiatique.»

Presse Allemagne

NURNBERGER ZEITUNG - 19 janvier 2004
« ...Lionel Hoche expose de manière plastique et énergique le jeu d'alternance entre attirance et répulsion, la tension entre agressivité et tendresse culmine dans un intense pas de deux entre Dagmar Bock et Ivo Bartsch... »

ABENDZEITUNG -19 janvier 2004
« ...Du blues minimaliste aux explosifs mouvements roulés au sol, Hoche réussit de mystérieuses transitions qui révèlent de fascinantes nuances d'atmosphères... »

SERGEI - Mars 2004
« ...La sombre et érotique interprétation de Lionel Hoche du Sacre du Printemps entraîne le public dans son sillage. Allez-y... »

NURNBERGER NACHRICHTEN - 12 mars 2004
« ...Les scènes d'ensemble séduisent par leur couleur et leur temps : danse-théâtre au meilleur sens du terme... »

FRANKISCHEN TAG - 19 janvier 2004
« ...La version piano du Sacre de Stravinsky (interprétée en direct par le duo Andreas Grau/Gosschumacher) souligne, en renonçant à la diversité orchestrale des percussions, l'âpre caractère de l'oeuvre, et offre en combinaison avec la chorégraphie riche de sensualité de Lionel Hoche, une enthousiasmante soirée de danse à Nurenberg... »

extraits/photos

distribution

Chorégraphie : Lionel Hoche
Scénographie: Philippe Favier
Lumières : Lucy Carter
Costumes : Lazare Garcin
Musique : Le Sacre du Printemps : Igor Stravinsky
Danseurs : Marielle Girard, Loren Palmer, Céline Zordia, Emmanuel Le Floch et Cédric Lequileuc
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