Compagnie MéMé BaNjO

présentation

Avec la complicité de sa compagnie MéMé BaNjO, Lionel Hoche taquine le conte de fées comme le pêcheur zélé taquine le goujon. Par petites touches. En nous asticotant la rétine. En osant estampiller avec une naïveté assumée des morceaux de bravoure du répertoire de ces histoires merveilleuses à dormir debout qui ont l'éternité devant elles. En empruntant au jeu des cadavres exquis le procédé selon lequel le hasard a sa part à jouer, Lionel Hoche invente un libre parcours d'associations d'idées et d'envies, donnant ainsi corps à une revue rutilante balisée de néons acidulés. L'effet est réjouissant. Le style, déluré. L'histoire avance en chicanes, zappant aux croisées de chemins où se télescopent les destinées des vedettes récurrentes des contes de fées. Exit les icônes à la guimauve de nos enfances. Qu'on se le dise : chacun n'y retrouvera pas forcément les siens. Tant mieux ! L'enjeu est bien dans la combinaison astucieuse de tableaux judicieusement décadrés. Dans cet univers kitch, une ogresse carnivore recyclée végétarienne percute un prince charmant ululant son désir d'être pris pour un homme-objet alors que s'étiolent devant lui des fées pâmées bramant à l'amour. Autant de péripéties faussement candides que la fantaisie de Lionel Hoche mène tambour battant sous le regard de Kadavresky, un envoyé très spécial, chargé de remettre de l'ordre dans ce joyeux délire.
Lou Inglebert

presse

Michel Odin, Danse (European Dance News)

Kadavresky
«Depuis plusieurs saisons, Lionel Hoche, intrépide, malicieux, imaginatif, se complaît dans le style de danse déjantée. Il ne se prend pas au sérieux, et s'amuse avec la danse, avec les danseurs, avec lui-même. La sinistrose, l'horrible, le laid, le vulgaire, n'est pas sa tasse de thé, celle des spectateurs non plus. Quand on a vu un spectacle de Lionel Hoche, on y revient toujours avec plaisir, parce qu'on sait que l'on ne va pas voir la même chose que la dernière fois. Il ne fait pas partie des chorégraphes qui font le même ballet pendant trente ans.
Kadavresky est un conte moderne. Il me faut avouer que je n'ai strictement rien compris à cette histoire, et que je n'ai fait aucun effort pour la comprendre. Je me suis simplement laissé amuser par ce déroulement spectaculaire, si caractéristique des facéties du chorégraphe. Lionel Hoche mêle habilement chant, danse, musiques diverses. Quand il songe au Perrault de son enfance, il ne l'enferme pas dans le carton-pâte de Disney, il le réduit en confettis qu'il jette sur le public. Les gens coincés font quelques grimaces : crime de lèse-Majesté : on ne s'ennuie pas, quelle horreur ! Les autres ne boudent pas leur plaisir. Les danseurs sont épatants (...). Vous l'avez compris, c'est la danse mise en bande dessinée burlesque. Ce burlesque sérieux qui ne laisse pas sans deviner quelques mouvements d'inquiétudes dans l'imaginaire du chorégraphe. Tout est parfait dans cette épopée au rythme endiablé de la musique si drolatique de Yann Gourdon qui n'a pas fini de nous surprendre. Lionel Hoche a su créer un style, nous ne sommes encore qu'au début d'une série d'albums chorégraphiques qui va certainement se poursuivre pour enchanter de 7 à 77 ans ».
Michel Odin, Danse (European Dance News), mars 2002.

Marie-Christine Vernay, Liberation

Une féerie d'ogresses
« ...Lionel Hoche signe une aventure burlesque sur les traces d'un enquêteur, Kadavresky. C'est une vraie pagaille au pays des fées et autres ogresses. Le principe d'écriture du cadavre exquis sert de fil conducteur à cet opéra, chanté, dansé et narré (...). On rencontre des personnages bien sympathiques : une trop gourmande ogresse, une soeur Anne éberluée. La scénographie sert le propos éclaté du spectacle, sorte d'album d'enfant en relief...»
Marie-Christine Vernay, Liberation, le 29 janvier 2002.

Claudie Léger, La Tribune, Le Progrès

Kadavresky : une drôle de cuisine
«Toujours débordant d'imagination, Lionel Hoche a voulu faire 'une fricassée de contes de notre enfance'. (...) Le scénario élaboré avec Lou Inglebert narre les ébats de personnages devenus mythiques : le prince Ch'armant en quête de sa dulcinée, les fées délicieuses, l'ogresse fumante. L'originalité du propos est de faire vivre tout ce petit monde aux temps modernes, et l'ère exige des adaptations ! Le prince, alias Cyrill Davy, est épuisé par plusieurs siècles au service de belles oisives, en l'occurrence Fée Béchamelle, Fée Rabita et Fée Peps au nom prédestiné. Bien choisie est aussi l'ogresse Gorgea (l'américaine Tara Maguire) faisant des gorges chaudes de ses anciens festins. Elle roule ses captivants yeux bleus aussi aisément que ses hanches étoffées ! Bref, l'enjeu est de taille. Et Lionel Hoche s'est adjoint des talents. Le Stéphanois Philippe Favier a conçu une scénographie pétillante : le donjon ressemble à un grand verre de limonade à bulles rouge cerise ; les lits des princesses endormies sont des appareils de lampes à bronzer, la cuisine moderne où se concoctent les philtres d'amour est amovible à souhait. La créatrice Sylvie Skinazi signe de merveilleux costumes en velours d'un style néo-Renaissance : en justaucorps et culottes de velours, les danseuses Marielle, Loren et Céline sont assez coquines, quant à Emmanuel Le Floch dans sa luxueuse seconde peau, il donne envie d'aller voir le faune de plus près ! Sous les jeux de lumières de Lucy Carter, le décor prend du relief. (...). ...le spectacle compte de très beaux moments de danse : en trios ou en solo, tel Dragibus (alias Cédric Lequileuc), pantin savamment désarticulé, tout en hauteur de sa tour. La dynamique gestuelle de la compagnie MéMé BaNjO est captivante. (...) Cette drôle de cuisine, à laquelle l'ogresse apporte toute son épicurienne fantaisie, a un agréable parfum d'enfance ».
Claudie Léger, La Tribune, Le Progrès, le 11 octobre 2001.

Jean-Claude Diénis, Danser

Inventaire à la Prévert
« Kadavresky de Lionel Hoche, ça se prononce comme cadavre exquis, ce jeu surréaliste où l'on fabrique une phrase à plusieurs. Et l'on est devant cette pièce comme face à un inventaire à la Prévert : une photocopieuse et un joueur de vielle, une ogresse végétarienne, un donjon avec héraut à porte-voix, trois fées marinant sous les UV, un prince Ch'Armand et sa belle endormie, un troupeau de lapins à pile (vous avez dit Duracel ?), Barbe-bleue en catcheur cagoulé. Tout cela au fil des trois actes, suivant les méandres capricieux d'une intrigue qui emmêle conte de fée et polar. Lionel Hoche tapote sur la porte du kitsch, secoue quelques idées reçues, fait sourire et rire. La scénographie de Philippe Favier, les costumes de Sylvie Skinazi ajoutent à cette ambiance de divertissement. Tournant le dos à ses pièces récentes, plutôt formelles, le chorégraphe de la compagnie MéMé BaNjO s'est accordé une savoureuse récréation. »
Jean-Claude Diénis, Danser, novembre 2001.

extraits/photos

distribution

Chorégraphie / Scénario : Lionel Hoche
Lumières : Lucy Carter - Scénographie : Philippe Favier
Scripte-consultante : Lou Inglebert - Costumes : Sylvie Skinazi
Musiques : Bach, Balduin, Hatch, Judson/Taylor, Léila, Legrand, Monteverdi, Jean-Jacques Palix, Singelton/Snider/Kaempfert, Tchaïkovski
Danseurs
: Marielle Girard, Loren Palmer, Céline Zordia, Cyrill Davy, Emmanuel Le Floch, Cédric Lequileuc
Kadavresky : Sébastien Charles - Docteur-ès-fée : Eve Couturier  - Musicien : Yann Gourdon - Ogresse : Tara Maguire
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