Lacompagnie Lionel Hoche

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PAN! : mot Grec qui veut dire tout, de tout ou impliquant tous les membres d'un groupe.
« On est toujours déguisé, alors autant se déguiser : de cette façon, on n'est plus déguisé. » Boris Vian
PAN! c'est le coup de feu du début qui résume le temps, le pan de ciel qui pleut sur la tête, c'est le coup de la panne le « pan pan » du moteur à explosion initiale, c'est la foudre dans le pantalon, panique dans les rangs, les foules qui détalent comme des lapins pressés, poissons panés et trépanés, éparpillés, panoplies dépareillées et pans de passé qui volent en éclats, en explosantes fixes, en appuis dans l'air, saltos panoramiques, écrans plats, petits pans de mur jaune panachés, c'est la pantomime du Dieu Bouc de la Panamerica, celui qui porte le monde en pagaille sur sa tête de Paf.
PAN! : Projet de spectacle chorégraphique et panoramique selon lequel l'unité du monde peut se tenir dans un baril de poudre qui, en explosant, envoie balader la somme de tout ce qui existe.
Un monde saturé vole en éclats : PAN! est la petite éternité qui se fige au coeur de l'explosion, pendant laquelle on a le temps de voir le monde à la renverse. Nippes et électroménager, plastique et mobilier, briques et breloques font un feu d'artifice du tonnerre et une pluie de toutes choses nous retombe en vrac sur la tête.
Membres en pagaille, corps en désordre, le chaos du monde s'agglomère à nos chairs et nous voilà tout encombrés, portant à bout de bras des cosmogonies en panne. Pris dans la tournoyante, on va devoir réinventer des rituels pour recoller l'espace, des chants pour calmer l'atome, des danses aux animaux pour qu'ils nous comprennent : on finira bien par leur ressembler, on saura se réconcilier la matière et retomber sur nos pattes, on va se remettre à niveau, sur l'horizon dans le sens de l'expansion, et ça ira beaucoup mieux.

press

Têtu - February 2009

Libération - February 9th, 2009

"Pan!" fait la chasse aux démons à Pantin.
Alors que le Centre National de la Danse décline tout au long de la saison son thème "Soleils noirs, continents partagés?", Lionel Hoche fait figure de drôle d'Indien. Son spectacle Pan! créé en résidence à Pantin est inspiré de la culture des indiens Hopis et met en scène cinq personnages carnavalesques - à moins qu'ils ne célèbrent une danse macabre. Comme sous l'effet d'un souffle, d'une explosion, le décor d'Erwin Wurm s'est barré dans les cintres. Les objets sont suspendus et les interprètent glissent les uns sur les autres avec beaucoup de douceur. Sous leurs déguisements hauts en couleurs, les danseurs se livrent à un rituel dont on ne connait pas la finalité, sinon que l'on devine qu'il s'agit de conjurer les mauvais démons empoisonnant la vie. Le corps alors se transforme et propulse des masques au bout de perches prothèses. Cela bouge à peine sur la musique électronique de Sébastien Roux; pourtant tout a de l'ampleur, notamment les portés.
Marie-Christine Vernay

Paris Art - February 2009

Danzine.fr - February 12th 20009

Télérama - May 2009

« PAN ! » Ca fait plaisir, un titre pareil ! Ca pétarade, ça ravive des émotions d'enfance lointaines, ça donne envie d'aller voir ce qui fait si joliment « pan ! » La nouvelle pièce de Lionel Hoche s'inscrit sous deux enseignes très insolites : celle des Indiens Hopi d'Amérique et celle du plasticien Erwin Wurm, expert en métamorphoses corporelles et en sculptures vivantes. L'une dans l'autres ces deux pistes ont donné lieu à une explosion de costumes incroyables imaginés avec trois fois rien, de couleurs flamboyantes. Cinq interprètes se jouent des masques et des maquillages pour faire « pan ! » et ça pète vraiment.
Rosita Boisseau

Un soir ou un autre.com - May 2009

Dimanche, 17 mai 2009

Lionel Hoche enchante

Il y aurait au bord de la route des rescapés de la croissance ou de la crise, qui rêveraient en images, pour élaborer/révéler de nouveaux mythes, construits de bric à brac, récupérés de débris, réinventés de gestes dansés.

Parasol, canapé, boîtes de céréales, bouteilles plastiques, rebus de la société de consommation, tout serait détourné. On pourrait oublier hadopi et toute la technologie, se nourrir de la mythologie de ces nouveaux indiens hopis. Tout juste un peu moins bariolés que les « black indians » du mardi gras, tout autant naïfs et merveilleux. Combinés de ces objets réappropriés, apprivoisés, ré agencés, apparaîtraient hybrides l'homme chiffon, l'homme gazon, l'homme poubelle. Tableau après tableau, le monde pourrait se re-coloriser, les équilibres encore balbutiants et fragiles, les rêves encore en péril. Mais le merveilleux renaîtrait en douceur, pour nous bercer d'une jubilation enfantine. Les cérémoniaux seraient minutieux et solennels, ridicules et bienveillants, drôles et enchantés. La danse n'aurait d'importance que pour lier corps et environnement, le visible et l'invisible, le suggéré. Toute sa maîtrise modestement estompée, oubliée au profit du tout. L'espace concentré serait riche d'objets suspendus et incongrus, de fantaisies et de surprises, les trucages à nu. Un esprit aérien viendrait lentement explorer la salle, ailleurs d'un coup tous les lustres s'illumineraient. Le temps redeviendrait circulaire, il y aurait des télescopages d'errances ivres, d'effusions de rythmes, de danses vives, d'apparitions surnaturelles, d'exubérances hallucinées, de combats de guerriers, et dans l'ombre des sacrifices. Sitôt les rites nés, les raisons en seraient cachées en symboles, déjà des mystères.
L'imaginaire retrouverait son développement durable, on pourrait rêver avec eux.

C'était Pan! de Lionel Hoche. A L'étoile du nord, dans le cadre d'avis de turbulences 4.

Guy Degeorges

www.ecransdedanse.com - May 2009

Pan !, Lionel Hoche

C'est avec cette pièce que Lionel Hoche réenchante la scène et notre regard...
Jeux subtils de lumières, scénographie inventive et efficace, tout concourt à interroger notre rapport aux objets, à leur faire recouvrer leur pouvoir magique, vivant... Pan est un voyage onirique, un univers entre la brocante et le conte, enfin une survivance magnifiée des indiens Hopis. Pour preuve, l'extraordinaire rituel du serpent revisité par Lionel Hoche, dont les jeux d'ondulations électrisent le regard du spectateur, comme les vrais Hopis attiraient la foudre de l'orage par leur danse magique....On retiendra la qualité hautement poétique des images, la plasticité des corps dansants, enfin le jeu subtil de la trouvaille : ce qui se montre sur scène exhibe aussi son corps composite, fait de bric et de broc... pour exemples, un homme fougère, des totems adeptes du recyclage mais pour autant, terriblement crédibles. Pas de fausse querelle des arts, ici tout s'emploie à nous saisir, le sort en est jeté ! On applaudit, on est heureux du voyage, nous reste plus tard quelques fulgurances heureuses dans les yeux.

Edwige Phitoussi

extracts/photos

cast

Choreography and set : Lionel Hoche
Music : Sébastien Roux
Light : Laurent Schneegans
Dancers : Arnaud Cabias, Max Fossatti, Cyril Geeroms, Xavier Kim, Shlomi Tuizer
Assistant : Marielle Girard Elis
Set adviser : Mathieu Bouvier
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